Issues des rencontres, des témoignages et des échanges menés avec des militaires, leurs familles et leurs conjoints, dix propositions concrètes seront adressées dès la rentrée aux membres des commissions compétentes en matière de défense du Sénat et de l’Assemblée nationale.
Depuis plusieurs mois, Frères d’Armes et de Silence va à la rencontre de celles et ceux qui vivent la condition militaire au quotidien.
Militaires d’active ou anciens militaires, familles, conjoints et proches nous ont confié leurs expériences, leurs difficultés, leurs interrogations, mais également leurs attentes et leurs propositions.
Ces rencontres nous ont confortés dans une conviction : la parole du terrain ne doit pas seulement être recueillie. Elle doit pouvoir devenir une source de réflexion, de prévention et d’action.
Notre association a toujours souhaité dépasser le seul constat.
Écouter est indispensable. Accompagner est nécessaire. Documenter permet de comprendre.
Mais lorsque plusieurs expériences font apparaître des difficultés comparables, des besoins insuffisamment couverts ou des pistes d’amélioration concrètes, notre responsabilité consiste également à transformer ces enseignements en propositions susceptibles d’être discutées avec celles et ceux qui peuvent agir.
C’est dans cet esprit que nous avons élaboré dix propositions issues directement de nos rencontres avec les militaires, leurs familles et leurs conjoints.
Elles ne prétendent ni résumer à elles seules la condition militaire, ni apporter une réponse uniforme à des situations humaines nécessairement complexes. Elles constituent une contribution. Une contribution issue du terrain. Une contribution que nous voulons constructive, documentée et tournée vers les solutions.
À compter de la rentrée 2026, Frères d’Armes et de Silence engagera une nouvelle étape de cette démarche.
Nos dix propositions seront adressées aux membres de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, ainsi qu’aux membres de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale.
Notre objectif sera également de solliciter des échanges avec les parlementaires qui souhaiteront approfondir ces propositions et confronter nos constats de terrain aux travaux déjà conduits par les deux assemblées sur la condition militaire, les ressources humaines, la santé, les familles et la fidélisation.
Nous voulons mettre à leur disposition ce que nous avons appris de celles et ceux que nous rencontrons. Non pour parler à leur place. Mais pour contribuer à ce que leur expérience puisse être entendue là où se réfléchissent, se contrôlent et se construisent les politiques publiques de défense.
Ces propositions sont nées d’une réalité simple : derrière chaque situation qui nous est confiée se trouve un parcours humain.
Certaines rencontres nous parlent de prévention. D’autres de santé. D’autres encore de relations professionnelles, d’accompagnement, de circulation de l’information, de confidentialité, de reconnaissance des signaux faibles ou de la place des familles.
Les histoires sont différentes. Les responsabilités et les contextes le sont également. Nous refusons donc les généralisations. Mais lorsque des interrogations similaires apparaissent dans plusieurs parcours, elles méritent d’être étudiées.
Notre méthode consiste alors à passer :
C’est ainsi que nous concevons notre rôle.
L’un des enseignements importants de nos rencontres concerne la place des familles et des conjoints.
Ils sont parfois les premiers à constater une modification du comportement, une fatigue inhabituelle, un isolement, une perte de repères ou une dégradation progressive de la situation d’un militaire.
Ils peuvent également se retrouver démunis lorsqu’ils souhaitent alerter ou simplement savoir vers quel interlocuteur se tourner.
Nous considérons donc qu’une réflexion moderne sur la prévention et la condition militaire ne peut ignorer l’expérience de celles et ceux qui vivent aux côtés des militaires.
Les associer davantage à la réflexion ne signifie évidemment pas leur substituer les responsabilités du commandement, des services de santé ou des professionnels compétents. Cela signifie simplement reconnaître que leur regard peut parfois constituer une information précieuse dans la compréhension d’une situation humaine.
Notre association ne souhaite pas construire son action dans l’affrontement systématique avec l’institution militaire.
Nous savons l’engagement de nombreux cadres, militaires, professionnels de santé, personnels administratifs et responsables qui œuvrent chaque jour au service des femmes et des hommes des armées. Nous savons également que des dispositifs existent et que des améliorations sont régulièrement engagées.
Mais soutenir l’institution ne signifie pas renoncer à identifier ce qui peut encore progresser. Au contraire.
Nous sommes convaincus qu’une armée forte est une armée capable d’écouter son terrain, d’analyser ses fragilités et de tirer les enseignements de l’expérience de ses personnels. C’est précisément l’esprit dans lequel nos dix propositions seront présentées.
Les commissions parlementaires chargées de la défense disposent d’un rôle essentiel dans l’information, le contrôle et l’évaluation des politiques conduites dans ce domaine.
Il nous paraît donc naturel que les enseignements recueillis auprès des militaires et de leurs familles puissent également leur être transmis. Nous souhaitons apporter aux parlementaires :
Il ne s’agit pas de demander au Parlement de se substituer aux armées. Il s’agit de contribuer au dialogue démocratique sur une question essentielle : comment mieux protéger celles et ceux auxquels la Nation demande de la servir ?
Cette initiative correspond profondément à la méthode de Frères d’Armes et de Silence.
Nous voulons recueillir la parole sans la confisquer. Comprendre sans généraliser. Questionner sans accuser systématiquement. Proposer plutôt que simplement constater.
Et travailler avec toutes celles et ceux qui, dans les armées, les institutions, le Parlement, les services de santé, le monde associatif ou la recherche, partagent la volonté de faire progresser la condition militaire.
Les dix propositions que nous présenterons à la rentrée ne constituent donc pas un aboutissement. Elles représentent une nouvelle étape. Nous souhaitons qu’elles ouvrent des échanges. Qu’elles soient discutées. Confrontées à d’autres expériences. Améliorées si nécessaire. Et qu’elles puissent contribuer, à leur mesure, à faire émerger des réponses nouvelles.
Lorsqu’un militaire ou une famille nous confie son histoire, cette parole crée une responsabilité.
La première consiste à l’écouter. La seconde à la respecter. La troisième, lorsque l’expérience révèle un enseignement susceptible d’être utile à d’autres, consiste à ne pas laisser cet enseignement disparaître.
C’est tout le sens de la démarche que nous engagerons dès la rentrée auprès du Sénat et de l’Assemblée nationale. Faire parvenir jusqu’aux représentants de la Nation ce que le terrain nous apprend.
Et transformer progressivement :
Dès la rentrée 2026, nos dix propositions issues des rencontres avec les militaires, leurs familles et leurs conjoints seront portées auprès des parlementaires chargés des questions de défense. Notre ambition n’est pas de parler à la place du terrain, mais de faire en sorte que sa parole puisse contribuer aux décisions de demain.
Dès la rentrée 2026, nos 10 propositions issues du terrain seront remises aux commissions de la défense du Sénat et de l’Assemblée nationale.
Frères d'Armes et de Silence est une structure d'écoute et d'accompagnement associatif. Nous ne nous substituons pas aux services d'urgence médicale. En France, le numéro national de prévention du suicide est accessible 24h/24 et 7j/7.
« Pour que servir ne signifie jamais souffrir en silence. »
Association nationale française d'écoute, d'accompagnement, de recueil de témoignages et de dialogue pour l'amélioration continue de la condition humaine des militaires, de leurs familles et de leurs proches.
Association régie par la loi du 1er juillet 1901.