Nos engagements pour écouter, accompagner, comprendre et agir
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
Frères d’Armes et de Silence intervient dans un domaine profondément humain.
Militaires en difficulté, familles inquiètes, anciens militaires, camarades, professionnels et témoins peuvent nous confier des situations sensibles et parfois douloureuses.
Cette confiance nous oblige.
La présente charte définit les principes éthiques qui doivent guider l’action de l’association, de ses dirigeants, de ses membres et des personnes qui interviennent en son nom.
Elle constitue un engagement volontaire de l’association et ne se substitue ni aux lois et règlements applicables, ni aux règles professionnelles auxquelles peuvent être soumis certains de ses membres.
Nous considérons toute personne qui nous contacte d’abord comme une personne, et non comme un dossier, un témoignage, un cas ou une statistique.
Son histoire, sa dignité, son parcours et sa vulnérabilité éventuelle doivent être respectés.
Écouter avant de conclure. Comprendre avant de juger.
La personne qui nous contacte doit pouvoir raconter son expérience sans être immédiatement jugée sur ses choix, son parcours, son grade, sa situation administrative ou les difficultés qu’elle rencontre.
Écouter ne signifie cependant pas valider automatiquement toutes les affirmations reçues.
Notre rôle consiste également à distinguer : ce qui est vécu, ce qui est rapporté, ce qui est documenté et ce qui peut être objectivement établi.
Cette distinction constitue l’un des fondements de notre démarche.
Une information communiquée dans le cadre d’un échange confidentiel n’a pas vocation à être diffusée librement.
Nous veillons à limiter son accès aux personnes qui ont réellement besoin d’en connaître.
La publication d’un témoignage identifiable ou la transmission d’informations sensibles à un tiers doit faire l’objet d’une attention particulière et, en principe, de l’accord de la personne concernée.
La confidentialité à laquelle s’engage l’association est un engagement déontologique et organisationnel.
Elle ne doit pas être présentée comme un « secret professionnel » légal lorsque la personne qui reçoit l’information n’est pas elle-même soumise juridiquement à un tel secret en raison de sa profession ou de sa fonction.
Toute personne qui témoigne doit pouvoir savoir comment sa parole est susceptible d’être utilisée.
Elle peut notamment demander que son témoignage : reste exclusivement interne, soit utilisé sous pseudonyme, soit anonymisé ou puisse être publié sous son identité.
Lorsque la nature du projet le permet, aucune publication identifiable ne doit intervenir sans information préalable suffisante de l’auteur.
Un témoignage constitue une source essentielle d’information.
Il ne constitue pas, à lui seul et dans toutes les situations, la preuve de chacun des faits qu’il relate.
Dans ses travaux, Frères d’Armes et de Silence s’efforce de distinguer clairement :
le témoignage, les éléments documentaires, les faits établis, l’analyse et les propositions de l’association.
Cette exigence protège autant la personne qui témoigne que celles qui peuvent être concernées par son récit.
Lorsqu’une information est destinée à être rendue publique, à soutenir une proposition institutionnelle ou à être communiquée à un média, l’association recherche autant que possible :
la vérification des sources, la contextualisation, le recoupement des informations et la distinction entre faits et interprétations.
Lorsqu’une information demeure incertaine, elle doit être présentée comme telle.
Le doute ne doit jamais être transformé artificiellement en certitude.
Frères d’Armes et de Silence entend conserver son indépendance à l’égard des institutions, partis politiques, organisations professionnelles, intérêts économiques et groupes de pression.
Cette indépendance ne signifie ni opposition systématique ni isolement.
Elle permet au contraire de dialoguer librement.
Nous ne cherchons pas des adversaires. Nous cherchons des interlocuteurs.
La mission de Frères d’Armes et de Silence n’est pas de fragiliser les armées.
Elle vise à contribuer à l’amélioration de la condition humaine de celles et ceux qui servent.
Nous considérons que l’écoute des difficultés, l’identification des signaux faibles et l’analyse des crises peuvent renforcer : la cohésion, la confiance, le commandement et l’efficacité collective.
Nos critiques doivent donc être argumentées et accompagnées, autant que possible, de propositions.
Lorsqu’une communication publique met directement en cause une personne, une structure ou une institution identifiable, l’association veille, lorsque les circonstances le justifient, à rechercher les éléments permettant de comprendre les différentes positions.
La recherche de la vérité et de l’amélioration des pratiques exige de ne pas construire artificiellement un récit à charge.
Frères d’Armes et de Silence n’est ni un service d’urgence, ni un établissement de santé, ni un service psychiatrique, ni une autorité militaire, ni une juridiction.
L’association ne pratique pas de diagnostic médical ou psychologique.
Elle ne se substitue pas davantage à un avocat lorsque la situation nécessite une consultation juridique personnalisée, sauf intervention distincte d’un professionnel légalement habilité agissant alors dans le cadre de ses propres obligations professionnelles.
Notre rôle consiste notamment à : écouter, informer, orienter, documenter et mettre en relation lorsque cela est utile.
Lorsqu’une personne indique être en danger immédiat ou présenter un risque suicidaire imminent, les échanges avec l’association ne doivent pas remplacer l’intervention des services compétents.
En France :
3114 — Numéro national de prévention du suicide, 24 h/24 et 7 j/7
15 — SAMU
112 — Numéro européen d’urgence
Lorsque les circonstances font apparaître un danger grave et immédiat, la priorité éthique est la protection de la personne.
Les familles et conjoints peuvent détecter des transformations que l’environnement professionnel ne perçoit pas toujours.
Leur parole doit être accueillie avec sérieux.
Elle ne doit toutefois pas conduire automatiquement à conclure à l’existence d’un trouble, d’une faute ou d’une responsabilité.
Les familles doivent être reconnues comme des partenaires potentiels de prévention, tout en respectant les droits et l’autonomie du militaire concerné.
Une vigilance renforcée s’applique lorsque les échanges concernent notamment :
L’association s’interdit toute exploitation émotionnelle de cette vulnérabilité.
Le suicide et la tentative de suicide ne doivent jamais être utilisés comme instruments de communication sensationnaliste.
Dans ses publications, l’association recherche un équilibre entre :
informer, témoigner, faire comprendre et ne pas exposer inutilement les personnes.
Les détails susceptibles d’être inutilement traumatisants ou de porter atteinte à la dignité du défunt, de ses proches ou de ses camarades doivent être traités avec une particulière retenue.
L’histoire de Louis TINARD est à l’origine de Frères d’Armes et de Silence.
Sa mémoire ne doit cependant jamais devenir un instrument de mise en scène ou d’exploitation.
Louis est à l’origine de notre engagement. Les militaires et leurs familles en sont aujourd’hui la raison d’agir.
Son histoire doit être évoquée avec fidélité, respect et dignité.
Lorsqu’un journaliste sollicite l’association, celle-ci veille à respecter le consentement des personnes dont elle détient le témoignage.
Aucun témoignage confidentiel ne doit être transmis dans le seul but d’accroître l’impact médiatique d’une communication.
Les témoignages sensibles ne sont communiqués qu’avec l’accord approprié de leur auteur et après examen des informations pouvant légalement et éthiquement être rendues publiques.
Les échanges avec les autorités militaires, le Service de santé des armées, les parlementaires, administrations, chercheurs et autres institutions doivent être conduits avec :
Un désaccord ne dispense jamais de la précision des faits ni du respect des personnes.
Aucune personne ne doit être moins bien accueillie ou considérée en raison notamment de son grade, armée d’appartenance, origine, sexe, âge, handicap, situation familiale, orientation sexuelle, opinions, croyances ou parcours personnel.
La même exigence de respect s’applique à tous.
Toute personne intervenant au nom de l’association doit signaler une situation dans laquelle un intérêt personnel, familial, professionnel ou financier pourrait compromettre son impartialité.
Lorsque cela est nécessaire, elle doit se retirer de l’examen de la situation concernée.
L’association assume la possibilité de se tromper.
Lorsqu’une erreur factuelle significative est établie dans une publication, elle doit être corrigée dans un délai raisonnable.
La crédibilité d’une association ne repose pas sur l’idée qu’elle ne commet jamais d’erreur, mais sur sa capacité à les reconnaître et à les corriger.
Les informations confiées à l’association sont traitées conformément à la Politique de confidentialité & RGPD du site.
Une vigilance particulière est apportée aux témoignages, données médicales, informations concernant la vie personnelle et documents permettant d’identifier des tiers.
Toute personne amenée à recevoir des témoignages ou informations confidentielles au nom de Frères d’Armes et de Silence doit connaître et respecter la présente charte.
L’accès à certaines informations peut être limité en fonction des responsabilités et missions confiées.
Toute personne estimant qu’un comportement ou une publication de l’association ne respecte pas les principes de cette charte peut nous écrire à :
contact@freresdarmesetdesilence.fr
La demande doit être examinée avec attention, impartialité et confidentialité.
Lorsque cela est justifié, une rectification, une suppression, une réponse ou une évolution des pratiques peut être décidée.
Cette charte a vocation à évoluer avec l’expérience de terrain, les rencontres avec les militaires et les familles, les échanges avec les professionnels et l’évolution des missions de l’association.
Elle fera l’objet d’une réévaluation régulière.
Écouter sans instrumentaliser.
Analyser sans généraliser.
Proposer sans opposer.
Frères d'Armes et de Silence est une structure d'écoute et d'accompagnement associatif. Nous ne nous substituons pas aux services d'urgence médicale. En France, le numéro national de prévention du suicide est accessible 24h/24 et 7j/7.
« Pour que servir ne signifie jamais souffrir en silence. »
Association nationale française d'écoute, d'accompagnement, de recueil de témoignages et de dialogue pour l'amélioration continue de la condition humaine des militaires, de leurs familles et de leurs proches.
Association régie par la loi du 1er juillet 1901.